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Comprendre et vaincre la procrastination

« Ne remet pas à demain ce que tu peux faire le jour même »

What – Qu’est-ce que la procrastination ?

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La procrastination est l'acte de retarder ou de reporter des tâches jusqu'à la dernière minute, ou au-delà de leur échéance. C’est la fâcheuse tendance à remettre à demain. Elle peut prendre des formes néfastes à notre travail ou dans notre quotidien.


Pour la reconnaître, on résumera qu’elle est caractérisée par le retard irrationnel des tâches malgré qu’il puisse entrainer des conséquences négatives. La procrastination est au fond une forme d'échec de l’autorégulation dans notre discipline à gérer nos tâches.


Lorsque vous tergiversez, au lieu de travailler sur des activités importantes et significatives, et que vous vous retrouvez à effectuer des activités triviales (distractions, réseaux sociaux…), pas de doute, vous procrastinez !






Why – Pourquoi les gens procrastinent ?



Il existe de nombreuses raisons pour lesquelles les gens tergiversent, et une personne peut tergiverser pour un certain nombre d'entre elles.

La raison la plus importante et la plus courante de la procrastination peut-être simplement un manque de motivation. Il arrive souvent que, pour une raison ou pour une autre, nous ne voulions tout simplement pas faire le travail qui nous attend.

Peut-être que ce travail nous ennuie, ou que sa réalisation est fastidieuse, ou qu’elle nécessite plus d’implication et de concentration. Bref, nous ressentons un manque net de motivation pour passer à l’action.

C’est une sorte de comportement d'évitement, un mécanisme d'adaptation qui tourne mal dans lequel les personnes « cèdent pour se sentir bien », explique Timothy Pychyl, professeur qui étudie la procrastination à l'Université Carleton, à Ottawa.

Parfois les gens tergiversent parce qu'ils ont peur d'échouer dans les tâches qu'ils doivent accomplir. Cette peur de l'échec peut favoriser la procrastination.


Une autre raison courante de la procrastination est que l'objectif global est abstrait et peu clair, par rapport à un objectif clairement défini. Par exemple, prenons l’objectif de « lire plus de livres », il est relativement abstrait. En revanche, l’objectif de « lire un livre par mois » est beaucoup plus concret et réalisable, car il est défini par un cadre quantitatif et temporel.


Nous pouvons trainer les pieds également parce que nous voulons garder d’autres possibilités. En d'autres termes, nous espérons qu'un meilleur plan d'action se présentera à l'avenir. C’est une façon de gagner du temps, car nous ne sommes pas convaincus que sa manière d’être réalisée soit la bonne. Cela peut conduire à retarder indéfiniment la prise de décisions clés et la prise d'actions concrètes.



Who – Qui procrastine ?


Certains chercheurs classent la procrastination en deux types : les procrastinateurs passifs et actifs.


Procrastinateurs passifs : retardent les tâches parce qu'ils ont du mal à prendre des décisions et agir en conséquence. Ils ne contrôlent pas leur comportement ni leur concentration, ils ont l’esprit vagabond. Ce retard peut traduire une stratégie d’évitement des responsabilités, ou une grande faculté à l’indécision.


Procrastinateurs actifs : retardent leurs tâches volontairement parce qu’ils préfèrent travailler sous pression « pour se sentir défié et motivé » ou ils se sentent anxieux à l’idée de commencer leur travail. Ils provoquent encore plus de stress et d’inaction.


La procrastination passive : cercle vicieux de négativité, néfaste pour la productivité


La procrastination passive est étroitement liée à une mauvaise estime de soi, un mal être psychologique, jusqu’à une tendance à la dépression. Cet état conduit à une pire utilisation du temps que les procrastinateurs actifs, et à une faible auto-efficacité. En somme, ils sont enfermés dans un dangereux cercle vicieux dans lequel leurs croyances négatives les entrainent à effectuer de pire score que les procrastinateurs actifs.


Les procrastinateurs actifs, eux, agissent en paresse de façon délibérée. Cela peut créer des résultats positifs, une meilleure productivité et plus de réussite. Leur décision explicite de retarder leur travail est la conséquence d’un besoin de travailleur sous pression, car cela génère un stress motivateur. Le moment venu, ils sont dans de meilleures dispositions pour entamer une tâche dans un bon état d’esprit.

D'autres définissent les types de procrastinateurs en fonction de différents styles comportementaux.


Quel procrastinateur êtes-vous ?


Le Perfectionniste : repousse les tâches par peur de ne pas pouvoir accomplir une tâche parfaitement, pour lui chaque détail est important, il ne termine rien.


Le Rêveur : repousse les tâches parce qu'il n'est pas doué pour faire attention aux détails, il se fait une idée d’ensemble de ce qu’il veut faire mais trop dans sa rêverie il n’arrive pas à concrétiser.


Le Défieur : pense que personne n’a le droit de lui dicter son emploi du temps. Sa procrastination est une manière de se rebeller, d’aller à l’encontre des règles, repoussant la dernière limite pour effectuer son travail juste par provocation.


L’Inquiet : remet les tâches à plus tard par peur du changement ou de quitter sa zone de confort. Il laisse trop le doute prendre le dessus et remet tout en question par anxiété.


Le Créateur de crise : repousse les tâches parce qu'il aime travailler sous pression. Il ne se sent bon que dans le stress motivateur que l’urgence va lui procurer.


L’Overbooké / Le Débordé : En prend trop et a du mal à trouver le temps de commencer et de terminer la tâche, car il est incapable de prendre une décision sur ses priorités. Il prend tend de charge des autres qu’il en oublie ses propres tâches. Il tend à l’épuisement professionnel voire le burnout.






When – Quand est-ce que cela arrive ?


Outre le travail, la procrastination est présente dans de nombreux autres domaines de notre vie. Par exemple, lorsqu’on veut se remettre en forme. On envisage de commencer à nous entraîner à la maison, mais décidons de ne pas le faire parce que nous pensons que nous rejoindrons une salle de sport à une date ultérieure. En réalité, il vaudrait mieux commencer à s'entraîner immédiatement même si nous décidons de rejoindre une salle de sport plus tard. L'idée d'une « meilleure » option nous empêche de nous entraîner du tout. C’est un frein que nous nous infligeons tout seul !

Ils existent d’autres causes de procrastination tels que la difficulté d’une tâche ou le manque de sens.

Ce peut être une affaire d’anxiété. Si une tâche particulière suscite de l'anxiété en vous, il y a de fortes chances que vous tergiversiez. En fait, l'anxiété peut créer ce qu'on appelle une « boucle de rétroaction », un cercle vicieux. Vous vous sentez anxieux à propos d'une tâche, alors vous tergiversez, ce qui vous rend encore plus anxieux, ce qui vous pousse à tergiverser encore plus. Par exemple, regarder les factures peut causer de l'anxiété. Et donc nous refusons de prêter attention à nos factures, ce qui provoque souvent plus d'anxiété, ce qui à son tour conduit à plus de procrastination et à plus de stress.

Prenons la Matrice d’aide à la prise de décision d’Eisenhower (Voir notre article sur la Matrice d’Eisenhower). Eisenhower classe les tâches par degré d’importance et d’urgence. Il met en lumière l’intérêt de favoriser les tâches importantes à notre réalisation, à l’atteinte de notre but, avant les urgentes. Chronologiquement, la matrice invite à suivre cet ordre :


1.Faire 2.Planifier 3.Déléguer 4.Eliminer



Malheureusement, la plupart des procrastinateurs passent leurs temps dans les quadrants 3 et 4 (Déléguer et Eliminer), préférant faire des choses qui peuvent être déléguées ou supprimées. Parfois, lorsque le monstre panique prend le dessus, ils font un très bref détour par le Quadrant 1 (Faire).

Cela se produit généralement lorsque les personnes craignent ou redoutent, ou sont anxieuses, ou appréhendent la tâche importante qui les attend. Pour se débarrasser de ce sentiment négatif, les elles se réfugient dans des activités secondaires.



Where – Où est qu’on procrastine ?


Dans quel secteur d’activités tergiverse-t-on le plus ?

C'est une question simple. Mais jusqu'à présent, personne n'a fourni de réponse.


La recherche s'est uniquement concentrée sur le comportement de procrastination des étudiants. Il ne faut pas beaucoup de recherches pour répondre à cette question. Les étudiants sont connus pour procrastiner à travers les nombreuses distractions à leur portée (Réseaux sociaux, fêtes, loisirs…) et au manque concret de récompense.


La procrastination est un phénomène répandu. Environ 20% de la population adulte et 50% de la population étudiante déclarent tergiverser de manière grave et chronique. De plus, même les personnes qui ne sont pas des procrastinateurs chroniques luttent encore de temps à autre contre la procrastination et en souffrent à des degrés divers dans leur vie quotidienne.


On ne procrastine pas seulement sur les bancs de l’école ou le lieu de travail, mais aussi sur son canapé. En effet, avec l’augmentation significative du télétravail, certains n’ont pas échapper à ce phénomène. On a souvent tendance de procrastiner à la maison devant les jeux vidéo, devant des séries ou encore simplement sur notre téléphone. On prend la fâcheuse habitude de nous remettre au sport le lundi, comme notre décision de reprendre une alimentation équilibré le même jour. Mais force est de constater que le mardi suivant rien n’a changé.

Par conséquent, il n'est pas surprenant que la procrastination soit associée à de moins bonnes notes à l'école, à des salaires plus bas sur le lieu de travail, à une probabilité plus élevée d'être au chômage.



En conclusion, quelles sont les recommandations pour se sortir de la procrastination ?



Nous avons parlé précédemment des conséquences néfastes que peuvent avoir la procrastination. Au-delà de ces conséquences, de façon chronique et répétée, elle instaure une immersion dans la paresse. Cet état est à ne pas confondre avec la flemme. La flemme, elle, est un état de paresse appréciable, qui nous a fait du bien, qui peut être reposant, qui nous ait bénéfique. Alors que la procrastination entraine la sensation d’avoir perdu son temps.

Si l’on prend un exemple concret : je passe 30 min à regarder une série ou jouer à un jeu, bien qu’improductif, cela me procure une certaine satisfaction de mon temps libre.

Si je passe 30 min à regarder mes réseaux sociaux, flânant de clic en clic, j’ai l’impression d’avoir perdu mon temps, je n’arrive pas à me remettre au travail sachant que j’ai perdu du temps, alors je m’accorde à faire autre chose de plus productif de mon temps perdu, et je repousse encore le moment pour me replonger dans mes tâches.

En résumé, je n’ai encore moins de motivation. Si je passe ce temps libre que « je choisis » en toute conscience, à faire une activité qui me plait, qui me fait du bien, j’aurais la motivation nécessaire pour me remettre à mes tâches.




LES CONSEILS DE WORKIINBOX


Agir en pleine conscience.

Pour sortir de là, le premier conseil est d’agir en pleine conscience, d’assumer la responsabilité de nos choix. « Je ne refuse pas de le faire, je décide de ne pas le faire. »


Faites de votre temps libre une activité qui vous plait !

Comme nous l’avons vu plus haut, choisir de faire durant son temps libre une activité qui nous plait, nous rend plus heureux et plus motivé ! Dans la mesure ou vous n’abusez pas de ce précepte, vous restez ainsi au moins productif d’un moment de plaisir, sans perdre de vue vos responsabilités.


Définissez des objectifs clairs.